Le paradoxe de l'électeur
Les électeurs ont brillé par leur absence dans les Bureaux de vote tant à la Capitale que dans les villes de Province, ce dimanche 19 avril 2009. Malgré les moyens disproportionnés mis à la disposition des candidats du Parti au pouvoir, le thermomètre n'a signalé aucune température proche de la fièvre électorale. Les nerfs ont pris de préférence le dessus. Pour masquer leur déficit de popularité les candidats de L'ESPOIR en plein DESESPOIR ont investi, les armes à la main, le Centre de vote de Mirebalais en tentant de substituer les urnes. Au Plateau Central la tension était si forte et les incidents si nombreux que le scrutin a été annulé. Edmonde Supplice Beauzile implique carrément les partisans de Lespwa dans les attaques des Bureaux de vote du Centre. Finalement ce comportement devient génétique chez les 16 Décembriseurs. Il leur faudrait une trépanation pour extirper de leurs cellules cérébrales cette tendance au saccage, au pillage
et à l'autodafé humain. Le taux de participation était aussi faible à Port-au-Prince, selon les témoignages du Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU, Hédi Annabi. Donc le constat est général.
16,5 millions de dollars ont été investis pour élire 12 sénateurs. Un échantillon de 4.5 millions d'électeurs devrait participer aux élections du 19 avril 2009. On a relevé un réservoir rétif de 4.2 millions de voix. On
est dans la zone de rejet puisque la moyenne est de 2.25 millions. Le nombre de participants, soit 300.000, n'est pas représentatif de la population des électeurs. Le coefficient de covariance, de l'ordre de 43%,
trahit complètement l'homogénéité du sondage sur le renouvellement du tiers du Sénat. Statistiquement les élections du 19 avril 2009 sont invalides parce qu'elles sont boudées.
C'est un terrible revers pour le Gouvernement Préval Pierre Louis qui ne peut plus poursuivre la route en puisant dans le Trésor Public. Quelle indécence ! Il ne leur reste qu'à déposer la clé sous la porte après
l'avoir fermée. Malgré la campagne argentée des partisans de Lespwa et l'impressionnant arsenal mobilisé pour assurer la sécurité des électeurs, le rachitisme de la participation est déconcertant. L'électeur est
rationnel, il vote s'il peut tirer une satisfaction personnelle de son bulletin. Pour qui doit-il voter ? Quelle est l'utilité de son vote ? Le fiasco du dimanche 19 avril 2009 s'explique par :
1. La méfiance des électeurs qui savent que les suffrages ne comptent pas avec ce Gouvernement. Les gagnants sont déjà dans le collimateur.
Le découragement de la population consciente de la stagnation de la situation politique, sociale et économique d'Haïti.
3. Le manque de crédibilité du CEP à la solde du Chef de l'Exécutif.
4. L'immoralité des candidats identifiés, soit comme des narcotrafiquants, soit comme des criminels ou des voyous. Ils sont très mal vus. De plus, plusieurs Sénateurs sont des dealers patentés. Un Président du Sénat est en prison à Miami. Un autre est à la veille d'y entrer. Un Sénateur en Action ne peut pas fouler le sol américain sous peine d'être menotté sur le champ.
5. Le dégoût inspiré par la corruption qui caractérise l'administration publique. L'affaire Sandro Joseph est traumatisante. Toute la famille politique est mouillée.
6. Les menaces lancées par les sicaires d'Aristide avec le slogan : « Election porte fermée » sont destabilisatrices.
7. L'interdiction de la circulation aux transports publics. N'est-ce pas un effet recherché par le Gouvernement pour dissuader les électeurs !
8. Le découragement provoqué par la crise économique et le chômage suite à la privatisation de toutes les entreprises de l'Etat au profit du Club de Bourdon.
9. Le mépris systématique des zones sinistrées après les cyclones, par le Gouvernement. Dans la Grand'Anse la population exprime son trop plein de déception par le mot d'ordre : « Pas de route pas de vote. »
10. Les rumeurs qui circulent autour de l'obstination de René Préval à rafler la majorité des sièges du Sénat en vue de la future césarienne de la constitution devant lui assurer la reprise du pouvoir, par alternance
présidentielle, et/ou sa remise tout court à son alter ego, en dépit de leur pseudo litige visant à tromper les imbéciles.
11. Les promesses politiques non tenues et surtout la disparition des 3000 barils d'asphalte et des 200 millions de dollars du Fonds d'Urgence de Chavez.
Quoi qu'il en soit, ce faible taux de participation, symptomatique d'un manque d'intérêt au sein de la population, pénalise dûment l'équipe au pouvoir. Le renouvellement du Tiers du Sénat ce 19 avril 2009 n'est qu'une énième mascarade électorale concrétisant la fraude et le mensonge éhonté de nos dirigeants politiques. Ils sont donc sanctionnés par l'abstention de la population qui voudrait dire non au pouvoir totalitaire de René Prévale et au rêve fou de Jean Bertrand Aristide de rentrer, une fois de trop, l'œuf dans la poule. Voilà des signes qui ne trompent pas.
N'en soyons pas dupe ! Le Président René Préval vient de jouer au « Qui perd gagne ». Le rejet du scrutin du 19 avril 2009 lui offre la possibilité de réaliser sa marotte : l'organisation des élections générales en 2010. Le boycott des élections vise aussi à cacher la déchéance de Lavalas. D'où ces conflits factices au niveau du Directoire du Parti et les effets spéciaux du cinéma gratis, comme la radiation des membres
influents, montés à souhait pour justifier leur non-participation aux élections du 19 avril 2009.Il s'agit d'un trompe-l'œil pour masquer leur perte de popularité. Jean Bertrand Aristide a le nez assez fin pour prévoir l'échec de son Parti aux élections, aussi préfère-t-il jeter le manche après la cognée. Cette matrice des regrets que nous venons de dresser explique clairement le paradoxe de l'électeur haïtien ce dimanche 19 avril 2009.




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