Le Conseil de sécurité constate des progrès, mais reste préoccupé
Le Conseil de sécurité de l’ONU a salué lundi des progrès réalisés en Haïti dans le domaine du dialogue politique, de la sécurité et des droits humains tout en exprimant ses préoccupations face aux nombreux défis à relever en matière de développement économique et social dans un pays où les conditions de vie de l’immense majorité de la population ont subi une « détérioration sensible ».
Dans une déclaration lue par l’ambassadeur du Mexqiue à l’ONU, Claude Heller, dont le pays assure au cours du mois d’avril la présidence tournante du Conseil, la plus haute instance de l’organisation a indiqué que « la sécurité doit aller de pair avec le développement économique et social pour permettre à Haïti d’instaurer durablement la stabilité ».
A l’issue de consultations tenues dans la journée à New York avec le représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti, Hédi Annabi, à la veille d’une nouvelle conférence des donateurs, le Conseil a appelé les bailleurs de fonds à offrir au pays « l’assistance technique et financière additionnelle dont le gouvernement a besoin pour répondre aux besoins immédiats tout en jetant les bases d’un développement économique et social durable ».
Parallèlement, les quinze membres du Conseil de sécurité encouragent les institutions haïtiennes à « redoubler d’efforts pour répondre aux besoins essentiels de la population et à œuvrer de concert pour promouvoir le dialogue, l’état de droit et la bonne gouvernance ». Ils ont aussi insisté sur la nécessité pour que les élections du 19 avril destinées à renouveler le tiers du Sénat soient « ouvertes à tous, libres et régulières ». Dans cette perspective, tous les acteurs politiques sont invités à faire en sorte que « ces élections se déroulent dans le calme ».
Pour sa part, dans son intervention devant le Conseil, Hédi Annabi a présenté le dialogue comme la méthode privilégiée de résolution des divergences politiques, estimant que la société et le gouvernement haïtiens avaient donné une « nouvelle impulsion au pays » après le passage dévastateur de quatre ouragans et tempêtes tropicales en septembre et octobre 2008. A ce titre, il a mentionné le compromis intervenu entre le Parlement et l’Exécutif pour le vote d’une loi sur l’état d’urgence et la décision du Président Préval de créer un ensemble de commissions multipartites chargées de se pencher sur des questions fondamentales telles la révision constitutionnelle et la réforme judiciaire.
« Les élections du 19 avril sont indispensables pour consolider le Parlement, et il est donc essentiel qu’elles se déroulent sans violences ou perturbations », a d’autre part martelé le chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) en soulignant que le processus électoral a été marqué par des tensions.
Hédi Annabi a fait savoir que des progrès ont été réalisés en matière de sécurité, mais qu’ils devaient être consolidés à travers notamment le renforcement de la sécurité à la frontière avec la République dominicaine et le long des côtes.
Enfin, le diplomate tunisien a exprimé ses préoccupations face à la détérioration de la situation socioéconomique en 2008, après le passage des ouragans à l’origine de dégâts estimés à 1 milliard de dollars, soit l’équivalent de 15% du produit intérieur brut (PIB) d’Haïti. La crise financière mondiale a aggravé cette situation, qui a engendré une chute de 14% des transferts de fonds, vitaux pour de nombreuses familles, a conclu M. Anabi qui appelle au maintien de l’aide humanitaire en faveur d’Haïti.
Inquiet de la situation d’extrême pauvreté du pays, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a confirmé sa présence le 14 avril à la réunion de Washington où il compte inciter les investisseurs à s’intéresser aux potentialités d’Haïti en matière économique. spp/Radio Kiskeya




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