L’ancien sénateur Samuel Madistin dénonce le scandale des « moyens » dont disposent les candidats au Sénat du pouvoir
« La liste des membres du secteur privé qui ont financé la campagne des candidats au Sénat de la Plate-forme présidentielle LESPWA, ainsi que les montants débloqués, devraient être publiés », a souhaité l’ancien sénateur et avocat militant Samuel Madistin, dans une interview accordée samedi à Radio Kiskeya.
L’ancien parlementaire réagissait aux déclarations faites mercredi dernier par la sénatrice Céméphise Gilles (LESPWA, Nord), au sujet du « financement par le secteur privé, et non l’Etat », de la campagne électorale des candidats de son regroupement politique.
« Si l’Etat disposait d’une caisse noire pour financer la campagne électorale des candidats de LESPWA, les autres partis politiques y auraient également accès », avait-elle laissé entendre, invitant du coup ces derniers à recourir à leur tour au lobbying auprès du secteur privé.
Me Samuel Madistin a réclamé non seulement la publication de la liste des contributeurs et le montant de leurs versements, mais aussi la mise à disposition du public de données relatives aux contrats décrochés auprès de l’Etat par ces membres du secteur privé. « C’est à partir de là qu’on saura qui finance qui et pourquoi », a-t-il ajouté.
L’avocat a rappelé la « façon irrégulière » dont près de 200 millions de dollars tirés des fonds du programme vénézuélien PetroCaribe ont été dépensés après les 4 ouragans et tempêtes tropicales ayant frappé Haïti l’été dernier. Il a dénoncé le fait que des contrats de gré à gré ont alors été signés pour des montants considérables.
Dénonçant l’utilisation massive d’argent par les candidats du parti au pouvoir, Me Madistin a souligné le fait qu’un seul candidat de LESPWA peut disposer dans sa caravane de plusieurs véhicules loués en dollars américains. Il a soutenu que ce doit être de l’argent tiré soit du Trésor public, soit des commissions versées par des groupes du secteur privé bénéficiaires de contrats juteux et qui préservent leurs intérêts. « Quelqu’un du secteur privé qui aurait débloqué 2 à 3 millions de dollars dans la campagne électorale, doit avoir une motivation personnelle », a déclaré l’ancien sénateur.
Opinant par ailleurs sur le processus électoral, Me Samuel Madistin a affirmé que « tel qu’il se déroule, le processus actuel conduira irrémédiablement à une nouvelle crise ». [jmd/RK]




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