comment comprendre le mouvement des étudiants et leur motivation?
Un panel composé de professeurs d'Université, d'un dirigeant politique et de quelques étudiants parmi les ténors du mouvement était réuni hier aux studios de Caraïbes FM, dans le cadre de cette émission spéciale de Ranmase à l'occasion du 60e anniversaire de la station de la ruelle Chavannes. Philippe Desmangles, professeur d'Anatomie à la faculté de Médecine, l'Ingénieur Christian Rousseau, professeur à la faculté des Sciences et ancien membre du Conseil des Sages, Jean Robert Simonise, ancien ambassadeur et professeur d'Université, Evans Paul, chef de file de l'Alliance Démocratique, le Journaliste Pierre Raymond Dumas (pour un bref passage) ainsi que des étudiants comme Sterly Manigat (Médecine) ont donné leur point de vue sur ce sujet de grande préoccupation qui menace même la stabilité de la nation.
Le professeur Desmangle a lui-même déploré l'absence de vision de la part du décanat de la faculté qui n'a pas su agir à temps pour éviter la radicalisation de cette crise. De même, il fustige le comportement des étudiants qui n'ont pas cherché à obtenir un large consensus sur cette paralysie avant d'embarquer toute une faculté et ensuite presque toute l'Université d'Etat d'Haïti pour une question de salaire minimum. Cet avis est aussi partagé par les autres intervenant notamment le professeur Rousseau qui se questionne sur la véracité des faits reprochés aux responsables de la faculté de Médecine par les étudiants. "Est-il possible, comme vous dites, que le décanat ait accepté que la formation soit baclée et que tous les atouts ne soient pas mis de votre côté, pour devenir de bons médecins demain", s'est adressé le professeur Rousseau au représentant des étudiants.
Sterly Manigat n'a pas eu de mal à confirmer que les responsables se soucient très peu de leurs problèmes et qui chercheraient de préférence à "couler" des étudiants. Un autre étudiant de l'Ecole Normale a lu un cahier de doléances en 8 points que le pouvoir devra satisfaire pour qu'ils mettent fin à leur mouvement et parmi lesquels, bien évidemment le salaire minimum voté à 200 gourdes que l'Exécutif doit promulguer au plus vite. "La prochaine étape, ajoute t-il, c'est une marche pacifique dans les rues de la capitale lundi prochain".
Evans Paul a dit comprendre la motivation des étudiants en même temps qu'il les a conseillés à trouver un moyen pour qu'ils ne perdent pas l'année entière. Le sujet a fait débat et tout le monde est d'accord qu'il serait une véritable catastrophe si les étudiants en médecine devaient reprendre l'année.
Sur le terrain politique, l'ambassadeur Jean Robert Simonise a cherché à défendre les réalisations du pouvoir arguant que plusieurs routes comme celle de Jérémie sont en chantier et qu'un problème de communication a sans doute empêché que ces « prouesses » soient mises en lumière. Christian Rousseau qui est ingénieur de formation a dit que tout ceci ressemble à du populisme dans la mesure où les routes construites ne font l'objet d'aucun entretien comme ce fut le cas du temps de SEPRRN par exemple et qu'elles sont défoncées avant même que leur construction soit achevée. Opinion partagée par les autres invités qui croient que le professeur Simonise est sans doute le seul à voir une parcelle de lumière dans un océan de médiocrités et de mauvaise gestion. Et il s'en est suivie une ovation du panel pour Patrick Moussignac et Caraïbes pour les 60 ans d'existence de la radio et la place de choix qu'elle a occupée et continue à occuper dans le coeur des fans d'Haïti et de l'étranger (qui écoutent sur le net).




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