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Kassav est ce qu'aucun groupe haïtien n'a pu être...

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Ralph Boncy a été pendant longtemps, le plus sérieux des journalistes culturels en Haïti. Ancien de la Radio Nationale, de Radio Métropole, du Nouvelliste et de Tap Tap magazine, l'ancêtre de TICKET, les belles années de Zèklè, il connaît, la folie Kassav, aussi.
Le premier mari d'Emeline Michel vit aujourd'hui à Montréal, mais continue d'être journaliste culturel pour les plus réputés médias de cette ville. Il trace en observateur avisé un rapide parallèle entre zouk et compas et n'hésite pas de dire ce qu'il pense. Simple, dense et musclé. Chaque mot a tout son poids. Le co-fondateur, parolier et premier gérant (manager) de Zèklè, se confie à TICKET.

Compas, zouk, ces deux mots te disent quoi?
R- Le compas, je suis né dedans. Je l'ai toujours écouté. Il est dans mon ADN. Le zouk est né trente ans plus tard, avec Kassav, dans les années 80. Le Zouk, c'est cette pop créole efficace qui répondait aux besoins de son époque. Depuis, certains en ont abusé. Comme ceux dont Franky Vincent parle dans "Chanteur de zouk love".

Kassav sera en concert avec Zèklè en Haïti, c'est avant tout un remake ou le parfait exemple de deux parcours inégaux ?
R- Plutôt le parfait exemple de parcours inégaux.
Les deux groupes se sont-ils jamais affrontés ?
Kassav a fait le Rex le 30 janvier 1986, puis Jean Claude Verdier les a programmés au stade Sylvio Cator et à Ibo Beach avec le Tabou Combo sous le Conseil National de Gouvernent. Rappelez-vous, "Mwen Malad-Aw'" était devenu "Régala-la !"). Men kote Namphy ? ...
Zèklè avait entamé une longue pause après la tournée de 1984 et le fameux Festival d'Angoulême "Musiques Métisses" ...
On ne peut pas parler de remake pour l'affiche Kassav- Zèklè. C'est une première.

Beaucoup voient en Kassav ce que n'a pu être aucun groupe haïtien, tu partages cette vision ?
R- Absolument.
Ils ont travaillé fort avec méthode et discipline pendant le temps nécessaire. Pour gagner du terrain, ils ont dû aussi multiplier les disques solos de leurs différents membres sous une même bannière Kassav'. Une vingtaine de disques en tout, sur une période de 4 ans seulement. Un record ! Personne d'autre n'a fait ça.

Zouk, Compas, la filiation est évidente, mais le phénomène mondial est illustré par les célébrations des 30 ans de Kassav dans de nombreux pays... tu crois que les groupes haïtiens peuvent remonter la pente et que devraient-ils faire ?
R- Il me manquera de place pour répondre à cette question. D'abord, les groupes haïtiens devraient choisir la diaspora dans laquelle ils veulent percer. Kassav a bénéficié d'un important contingent antillais dans ce qu'on appellent "la Métropole" (c'est à dire L'hexagone)... et a pu profiter de l'appui d'un partie de la presse parisienne.

Un souvenir de Kassav... si tu étais au Métropolis en juillet dernier, à Montréal ?
R- Je revenais de New-York par la route ce soir-là et j'ai raté le concert. Par contre, j'ai vu leur retour dans la même salle, en août 2007, deux ans plus tôt, pendant les Francofolies. J'animais une émission à Radio Canada ce soir-là. Je suis arrivé "à la course" et j'ai manqué que le tout début du show. C'était vraiment excellent. Même si Patrick St-Eloi nous manquait beaucoup (Aba Chenn La). Jacob avait fustigé un caméraman. Pipo était généreux, égal à lui-même.

<">Propos recueillis par
Frantz Duval

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