Ranmase : la justice haitienne, une vraie plaie
Accusations, dénonciations, démentis, contre-accusations : tout y était à cette émission de Ranmase au cours de laquelle la justice haïtienne était mise sous les feux de la rampe.
Le juge du Tribunal de première Instance, Me Jean Claude Douyon mis en disponibilité par le ministère de la Justice « en raison de graves plaintes déposées contre lui au Parquet de Port-au-Prince » était présent au studio pour réfuter les accusations portées contre lui et fait lui aussi de graves accusations à l’encontre du ministre de la justice, Me Jean Joseph Exumé, du commissaire du gouvernement, Me Manès Louis et de son substitut, Félix Léger. Ces derniers auraient reçu une forte somme d’argent de la part de Zamy Zuraik et de ses avocats pour le faire « tomber ».
Quand au garde des sceaux de la République, le juge Douyon l’a accusé de trafic d’influence dans le dossier de Fanmi Lavalas puisque ce dernier l’aurait demandé de se déclarer incompétent dans cette affaire. Le juge avait par contre rendu une décision favorable à Fanmi Lavalas ordonnant au Conseil électoral provisoire (CEP) de réintégrer les candidats du parti dont les dossiers sont conformes aux exigences de la loi électorale.
Me Douyon a confié par ailleurs que le garde des sceaux lui avait aussi demandé de retarder la sortie d’une ordonnance qui ne serait pas favorable à son cabinet d’avocats dans une affaire impliquant une grande entreprise de la place. Le sénateur Youri Latortue, président de la commission Justice du sénat, encouragé par son collègue Roudy Hériveaux qui était intervenu auparavant au téléphone, a promis de convoquer le ministre de la justice au grand corps pour faire la lumière sur cette affaire. En effet, il est reproché au juge Douyon d’avoir empoché 100.000 gourdes de Mme Solange Métellus pour sortir une ordonnance de référés en sa faveur dans un conflit terrien l’opposant aux sieurs Zamy Zuraik et Joseph Issa. Les députés Gasner Douze (Cornillon/Grand Bois) et Joseph Emmanuel Bourjeolly (Aquin), présents eux aussi sur le plateau de cette émission Ranmase se sont souscrits à la démarche du sénateur Latortue et encouragent le pouvoir, particulièrement le président René Préval à activer le processus devant conduire à la mise en place du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire.
De même, dans un autre dossier à scandale impli-quant Me Rocky Pierre, commissaire du gouvernement près du Tribunal civil de St Marc, où un citoyen Jocelyn Desjardins a passé 11 mois en prison injustement, dit-il, pour avoir refusé de donner 80.000 dollars améri-cains à Me Pierre dans une affaire de cargaison de riz (bateau de 534 tonnes d’une valeur approximative de 1 millions de dollars Us), le député Bourjeolly croit que si le CSPJ était en place, il aurait été facile pour la victime de porter plainte contre Me Rocky Pierre et d’obtenir justice et réparation. Joseph Guyler C. Delva était aussi à cette émission de Ranmase où il a du se démêler comme un « beau diable » pour répondre des critiques adressées à la commission d’appui aux en-quêtes sur les assassinats des journalistes et en particulier de Jean Dominique dont c’était, cette semai-ne, le 9e anniversaire de commémoration. Le sénateur Latortue croit que Guyler C. Delva se met dans une mauvaise situation en acceptant de l’argent du trésor public pour son organisation alors qu’il y a aucun chapitre budgétaire traitant de la question. Malgré tout, le journaliste s’est dit satisfait du travail de la commission et « si c’était à refaire, je reprendrais de l’argent du trésor public pour cette cause qui est noble», a-t-il dit.




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